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Humanitée disparue


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#1
Thierry_rhodan

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Voici une nouvelle de Roxane Martin

qui sera publiée dans le Paradoxe

Nous avons aussi édité son livre de Nouvelles

http://paradoxe.ekla...cueil-c25391942

Le témoignage de l’Humanité disparue

L’eau monte. Cela fait des années que l’eau monte, que l’on parle de la fonte des glaces, du niveau de la mer et des inondations, mais cette fois, ça y est. L’eau monte, et encore plus rapidement que prévu. Déjà de nombreux endroits sont sous l’eau, et ce sera bientôt le tour de sa maison. Elle habite en haut d’une tour, une haute tour, ses parents sont très, très riches, et sa chambre possède une immense baie vitrée. Celle-ci est ouverte, et elle regarde l’eau qui monte à raison de plusieurs mètres par heures. Déjà, les troisièmes et quatrièmes étages de son immeuble sont sous l’eau, et l’humanité s’agite comme une énorme fourmilière en train de se noyer petit à petit. Des corps flottent déjà, des cadavres de voitures, l’eau monte, certes, mais elle est calme, comme un lac immense. Il ne reste plus beaucoup de temps avant que l’eau n’atteigne son étage.


L’eau a encore monté, et sa progression est de plus en plus rapide, plusieurs centimètres à la seconde, comme si Dieu avait ouvert le robinet de la baignoire à fond. L’image l’amuse, l’eau noie les microbes, la montée de la mer noie les microbes humains. Les rapports sont plus qu’alarmants, pour ceux qui ont accès aux informations, bien sûr. Plus de la moitié de la Terre est sous l’eau, désormais, et il paraît que les trois quarts de l’humanité se noie ou meurt de faim. Plus de plantations, plus de nourriture. Et l’eau qui ne cesse de monter. On parle déjà de la Crue comme l’on parlait du Déluge, à ceci près que l’Homme seul est responsable de ce désastre et que le procédé se fait par le bas.
L’eau monte, sans cesse, sans répit, sans repos, elle monte comme un immense mur transparent ou boueux, c’est selon. Elle est presque prête, et l’eau l’a presque atteinte. Les baies vitrées grandes ouvertes dévoilent un océan parsemé de petites îles, les dernières hauteurs des gratte-ciels de New-York. Bientôt, eux aussi seront sous l’eau. L’Empire State Building émerge encore, recouvert d’une marée humaine grouillante appelant à l’aide, pleurant, criant et remettant son âme à Dieu.


L’eau monte, encore et encore, et cette fois-ci elle s’engouffre dans l’appartement comme une petite marée, douce et inoffensive. Mais elle est prête. Son chat sous le bras, elle escalade l’échelle de son lit superposé et s’installe. Dehors, le soleil brille de mille feux. Encore quelques instants, l’eau monte, et bientôt le lit de bois se soulève et se met à flotter, tel une minuscule Arche. Elle passe la baie vitrée et se retrouve au-dehors.
L’eau monte, et le lit dérive entre les toits des gratte-ciels, l’Empire State Building lui-même ne sera bientôt plus qu’un souvenir, et à l’horizon, de l’eau, de l’eau, de l’eau seulement. Le chat se tient à la proue du lit, conscient qu’il est encore à l’abri. Et elle observe l’horizon. Sur les dernières hauteurs, les derniers humains, agitant encore faiblement les bras. Elle dérive. Des exclamations lui parviennent, des animaux marins, requins et autres bestioles, arrachent des cris de terreurs aux derniers rescapés. Elle n’a pas peur, elle flotte en hauteur, et personne ne l’approche.


L’eau monte, encore et toujours, mais beaucoup plus faiblement, les glaciers ont entièrement fondu, il n’y a plus d’eau qui doive encore gagner l’océan terrien. Plus rien ne dépasse, désormais, pas même le sommet de l’Everest, pourtant si haut. Les morts et les déchets flottants mêmes ont disparu, happés par les profondeurs, dévorés, peu importe, il n’y a plus qu’une immense surface miroitante. Et plus loin, par-dessus ce qui fut autrefois les montagnes Rocheuses, un lit dérive, avec à sa proue un chat, et à son bord une jeune endormie.

Les siècles ont passé, l’eau ne monte plus mais elle brille au soleil, comme un immense miroir. La planète Bleue n’aurait pu mieux porter son nom. Mais quelque part sur cet océan, un lit de bois, vermoulu et couvert d’algues, flotte toujours. A sa proue, un chat, desséché par le vent salé, et un squelette, blanchi par l’âge et l’air iodé. C’est le dernier vestige de l’Humanité disparue.

 

Roxane Martin

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Dernière parution :

http://paradoxe.ekla...-lui-a108719662



#2
Thierry_rhodan

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Pour plus de lecture, dont des " Creepypastas"

 

http://fr.calameo.co...8958392aff5a5d5






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